La CCI du Sud Alsace a mis sur
pied un dispositif pour aider les PME et les TPE à remporter
des marchés publics. Trente entreprises ont été
sélectionnées pour faire partie de cette initiative
qui comprend : une journée de formation sur les marchés
publics, un service de veille personnalisé des avis de
publicité et une prestation d'accompagnement à la
constitution du dossier de candidature.
Démystifier les marchés publics auprès des
entreprises. Telle est la tâche que la chambre de commerce
et d'industrie du Sud Alsace s'est assignée depuis le mois
de janvier dernier. Elle encadre et finance majoritairement un
dispositif d'aide et d'accompagnement en faveur de petites entreprises
destiné à les aider à remporter des marchés
publics. Trente PME et TPE, sélectionnées par la
chambre consulaire, participent à cette initiative inédite,
qui comprend pour chacune d'entre elles une journée de
formation sur les marchés publics, un service de veille
personnalisé sur les avis de publicité et une prestation
d'accompagnement à la constitution d'un dossier de candidature.
" Au jour d'aujourd'hui, les PME et les TPE ont toujours
du mal à répondre à des marchés publics.
Elles ont beaucoup d'idées reçues en la matière
: elles continuent de penser que les délais de paiement
sont extrêmement longs, que la procédure administrative
est très compliquée, réservée aux
grandes structures et que tout est joué d'avance avant
la consultation, commente Jean-Christophe Freund, conseiller marketing
à la CCI de Mulhouse. La CCI a donc décidé
de les aider à mettre le pied à l'étrier
en cette période de crise où l'on constate une forte
demande de leur part pour réussir à accéder
à la commande publique qui apparaît comme une possibilité
de développer leur activité ".
30 PME et TPE sélectionnées
Les entreprises de l'échantillon ont été
choisies à l'issue d'une campagne de communication informant
de la mise en place du dispositif. Les lauréates ont été
sélectionnées en fonction de leur marché
potentiel de commande publique par rapport aux avis de publicité
des marchés publics lancés l'année dernière
: " Notre initiative ne concerne que les TPE-PME, la moyenne
tourne autour de 15 salariés ", précise Jean-Christophe
Freund. Selon ce dernier, le " recrutement des candidats
" a été ficelé en un mois : " Le
groupe est composé de sociétés qui n'ont
jamais répondu à un marché public ou qui
se sont lancées de façon opportuniste et sans résultats
", indique-t-il. Désormais située à
mi-parcours, cette initiative donne d'ores et déjà
des résultats intéressants et fructueux. Selon
Caneva, le cabinet de consultants qui a été chargé
par la CCI d'accompagner les entreprises dans leurs réponses
aux ppels d'offres, jusqu'alors 25% des marchés traités
auraient été gagnés, ce que confirme
Jean-Christophe Freund : " L'intérêt de notre
système, c'est qu'il associe une journée de formation
sur le sujet à une veille pointue des avis d'appel public
à la concurrence pour chaque PME et une collaboration entre
le candidat et notre prestataire de service pour répondre
aux marchés. Lorsque les entreprises tombent sur un marché
dématérialisé pour lequel il est demandé
une réponse électronique, la société
Caneva se charge de déposer en ligne aux bons formats l'offre
de l'entreprise. En outre, nous avons mis en place un espace
dédié aux entreprises sur le web au sein duquel
elles peuvent trouver régulièrement des informations
relatives aux marchés publics, accéder à
des documents et discuter entre elles. L'objectif est que les
entreprises sachent le faire toute seule au bout 'un an ".
Selon le responsable, le dispositif leur a ouvert les yeux sur
la réalité du monde de l'achat public qui leur apparaissait
auparavant comme une terre inaccessible.
Les marchés publics:une habitude à prendre
Interrogé par la CCI sur l'intérêt du dispositif,
Christian Pichon, directeur d'agence de Triex, une entreprise
de 36 personnes spécialisée dans le service de maintenance
industrielle hydraulique et mécanique, répond que
la formation a véritablement désacralisé
le monde des marchés publics : " les codes y sont
très différents de ceux de l'industrie mais pas
plus compliqués,c'est juste une habitude à prendre
", a-t-il déclaré dans les colonnes du journal
de la chambre consulaire.
Laurent Nitsch, gérant de l'entreprise Olgreen, apprécie
pour sa part l'accompagnement dont il bénéficie
: " Cela nous permet surtout de mieux cibler les marchés,
de rationaliser nos réponses et de construire un mémoire
technique digne de ce nom. Grâce aux formations et aux
réunions de suivi, nous évoluons dans un cadre collectif,
on ne se sent pas seul. Il y aune véritable émulation
de groupe même si nous sommes issus de secteurs très
différents ", a-t-il témoigné. Quant
à Clément Heinrich, responsable d'une entreprise
de nettoyage (Regio Nettoyage) basée à Mulhouse,
il a enfin remporté deux appels d'offre, après quelques
vaines tentatives par le passé qui l'avaient découragé.
La chambre Sud Alsace a mis en place ce dispositif pour une année.
Sandrine Dyckmans ©
achatpublic.info
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